Le poème (texte) d’Atahana #6

La tourmente

Esprit vague et vagabond, vide de sens et de bien-être. Je me noie dans la mélancolie profonde des écrits. Mon âme pourtant tend à respirer de bonheur, bonheur illusoire peut-être. Contradiction de deux mondes, confrontation des perceptions… Âme qui s’évade pour aller, près d’elle se poser, en elle, sans doute. Se fondre et connaître ce qu’elle ressent, vivre cette étrangeté, cette fusion spirituelle comme l’accouchement, la création d’un être nouveau : Nous. 

Se questionner sur le comment de la chose, le pourquoi et ne pas comprendre…se laisser guider, aveugle par l’absolu, ce qui dépasse la réalité et la vérité. Une raison, une explication : je n’en veux pas, je veux saisir cet instant incertain et fragile, instant dans lequel je me perds moi et me retrouve en Elle. Dédoublement de la personnalité, confusion de l’être. Je la sens et la ressens en moi. Osmose magique et troublante, perfusion d’Amour.

Choc émotionnel d’une vie, parcours insaisissable des pensées, je la vois, l’imagine et m’engouffre de vertiges. Etreinte de mots, voyage des sens, volupté de l’écrit.

Amour passionnel et asphyxiant .

L’estomac noué, le ventre serré, la sensation d’étouffement, confiné dans cet espace bleu qui me fait voyager. Elle aurait préféré le chemin qui l’aurait menée en Russie pour retrouver la Neva, les nuits qui n’en sont pas.

A fleur de peau, je ne sens rien par le toucher mais je sais par la pensée des choses qui ne peuvent s’exprimer, je sais, sens et vois même parfois.

Sensation de légèreté et de lourdeur à la fois. Brulée

Les sentiments sont « noyés » dans la chaleur et le froid, expiation de la voix intérieure, baignée d »oraison funèbre. Les lèvres sèches, anéanties de paroles trop écrites, le corps faible réduit à néant par le néant de l’esprit. Esprit qui prend force dans je ne sais quel monde, le sien, sans doute. La nourriture ne me nourrit plus, je la regarde, écoeurée, l’eau est mon bien seul mais Elle est ma source, mon élixir, mon goût, mon but. Elle est l’image de mes songes réels. « La tourmente » est présente mais je ne veux m’en défaire, je veux pénétrer encore plus dans cette douce folie amoureuse et passionnelle pour y découvrir les nouveaux secrets. Mystères d’une aventure épistolaire et épique.

Les yeux mi-clos, la paupière lourde, ce voyage intérieur me donne envie de crier, pour parvenir, dans un filet sonore, par un bruit assourdissant, sec mais mélodieux jusqu’à ses oreilles. Etre liées de manière impalpable mais si forte, une symbiose écrite. Un état absolu . Deux absolus se rencontrent pour n’en faire plus qu’un, mal de l’âme mais besoin dur des phrases. « Peur » de l’inconnu qui m’attend mais je ne recule pas, au contraire, j’avance à grands pas, pour mieux plonger…